Un livre qu'on quitte sans en avoir extrait quelque chose est un livre qu'on n'a pas lu. - Antoine Albalat

vendredi 7 août 2015

Prophétie Nordique - Extraits en vrac




Depuis que j'ai entrepris d'écrire Prophétie Nordique, beaucoup de choses ont changé, évolué. Un sacré chemin a été parcouru depuis que je me suis lancée dans cette aventure. Des hauts, des bas, des avancées, mais aussi des retours à la case départ. Depuis l'année dernière, j'ai réussi à trouver une dynamique qui me convient et qui me permet d'avancer. Aujourd'hui, Prophétie Nordique comporte un prologue et dix chapitre rédigés ; le onzième est en préparation. 188.000 signes. Presque 30.000 mots. J'ai partagé avec vous le prologue et le premier chapitre de mon projet, mais il s'en est passé des choses entre l'entretien diplomatique de l'introduction et le dernier chapitre que j'ai rédigé ! Je vous propose donc une compilation d'extraits divers, afin que vous puissiez en découvrir un peu plus sur mes personnages et mon histoire. Bonne lecture !



« Happée par ses préoccupations, Idril n’entendit qu’au dernier moment les pas feutrés de celui qui s’était rapproché d’elle, telle une ombre furtive et silencieuse. Les bras d’un homme s’enroulèrent autour de ses épaules et, sans crainte, elle abandonna son dos contre le torse ferme de ce visiteur nocturne. Elle ferma doucement les paupières pour s’imprégner de la tendresse de cette étreinte. Le roi des Ombres reposa sa joue contre la chevelure de la jeune femme, puis huma son parfum aux notes boisées et sauvages. Il glissa ensuite une mèche dorée derrière son oreille.
     — Tu m’as manqué.
Le chuchotement de sa voix était bien plus familier et affectueux que les intonations sérieuses qu’il avait utilisées à la Cour tout à l’heure. Du vouvoiement protocolaire et distant dont ils s’étaient servis, Morzan était repassé au tutoiement spontané et complice qu’ils employaient lorsqu’ils se retrouvaient en privé. Lentement, il fit pivoter Idril au creux de ses bras et cette dernière se lova en silence contre lui.
     — J’étais trop impatient de te voir pour attendre plus longtemps ta venue, lui murmura-t-il au creux de l’oreille. Un frisson agréable parcourut le corps de l’Amazone, tandis qu’un sourire complice s’épanouissait à la commissure de ses lèvres.
     — Pardonne-moi de ne pas t’avoir rejoint plus tôt. J’avais besoin…
     — …d’être un peu seule ? devança Morzan.
Idril opina de la tête, en silence, avant de se blottir davantage contre son ami. Elle enserra sa taille avec tendresse.
     — Je suis heureuse que tu sois là maintenant.
Les lèvres du jeune roi se courbèrent d’un sourire, puis il déposa un baiser sur le front de sa compagne, comme pour sceller les sentiments que lui inspiraient ses retrouvailles. » (Extrait du Chapitre 2)



« Bien qu'elle l'eut certainement déjà aperçu lors de précédentes rencontres diplomatiques, Idril n'avait qu'un très vague souvenir de son homologue. Pourtant, lorsqu'elle observa la troupe qui venait vers eux, elle le reconnut d'emblée. Galdor était un homme d'une trentaine d'années, au physique imposant et au charisme tranché. Sa grande taille dépassait largement celle de son entourage, bien qu'elle ne rivalisât pas avec celle d'une Amazone. Sa belle allure attirait irrémédiablement le regard, tout comme son épaisse chevelure frisée, blonde aux reflets cuivrés, qu'il n'avait pas pris soin d'attacher. Chaque nouvelle bourrasque de vent s'engouffrait dans sa crinière et lui donnait encore plus de volume. Lorsque les deux groupes parvinrent au même niveau, les trois souverains s'observèrent quelques instants. Puis, ils descendirent de leurs montures, se rejoignirent et se saluèrent de quelques hochements de tête, sans un mot.
Les boucles de Galdor flottaient jusqu'à ses épaules et encadraient un visage carré, duquel dénotait une force animale singulière. Cette figure n'inspirait pas confiance à la reine amazone, malgré la pétulance de son regard brou de noix qui lui conférait une sympathie naturelle. Elle se méfiait de lui, de son sourire aguicheur et des faux-semblants dont il pouvait user pour tromper leur vigilance. Son attention fut finalement détournée de Galdor par Niarus qui avait lui aussi mis pieds à terre et qui abandonnait à présent leur convoi pour rejoindre celui de son souverain. Après avoir accueilli son conseiller d'une tape amicale sur l'épaule, Galdor reposa son regard sur l'Ombre, puis sur l'Amazone. » (Extrait du Chapitre 5



« Idril replia ses jambes contre son torse, puis les entoura de ses bras et posa son menton sur ses genoux. Comme son ami avant elle, elle se laissa charmer par le spectacle tranquille du fleuve s'écoulant dans la vallée. Morzan observa discrètement du coin de l’œil son amie, perdue dans ses pensées.
     — Tu n'es pas toute seule, Idril. Tu ne devrais pas te comporter comme si le reste du monde s'opposait à toi.
Idril s'arracha à la contemplation de l'Olduin et tourna la tête vers son confident pour écouter la suite.
     — Je ne suis peut-être pas toujours d'accord avec toi, mais cela ne fait pas de moi ton ennemi pour autant. Je suis ton ami, je suis de ton côté, mais j'ai le droit d'avoir mon propre avis.
Face au silence de sa compagne, Morzan poursuivit.
     — Tu dois aussi accepter que je ne sois plus seulement ton ami, mais également ton allié. Je dirige un royaume, ce qui m'oblige à te contredire si j'estime que tes idées sont contraires aux intérêts de mon peuple. » (Extrait du Chapitre 6



     Syna ! s’exclama-t-elle de surprise.
Idril abandonna son compagnon et se précipita à la rencontre de celle qui n’appartenait pas au groupe de voyageurs. La guerrière, dont les cheveux blancs étaient sévèrement nattés sous sa nuque, accueillit sa souveraine avec un enchantement manifeste. Une vieille cicatrice oblique enlaidissait le côté gauche de sa bouche, mais n’en rendait pas moins chaleureux son sourire extatique. Elle tendit ses avant-bras, paumes tournées vers le ciel, et la souveraine s’en saisit avec une émotion vibrante.
     — Que faites-vous ici ? s’enquit-elle avec un étonnement inquiet. Vous étiez supposée demeurer à Eralo pendant mon absence.
     — Votre Majesté…
La voix de la guerrière s’achoppa au titre honorifique, auquel elle ne semblait toujours pas s’habituer. Un sourire de connivence éclaira le visage de la jeune reine tandis que Syna retrouvait sa contenance.
     — Une nouvelle en provenance de la capitale requiert votre attention. » (Extrait du Chapitre 9)



     Idril, derrière-toi !
La jeune femme se retourna à temps pour esquiver l’assaut d’un mâle qui s’était glissé dans son dos. De justesse, elle parvint à reprendre son épée et à faire face à son nouvel adversaire. Morzan accourut à ses côtés, comme si sa propre vie en dépendait. Déjà le vargár revenait à la charge, toutes griffes dehors. L’Amazone bondit avec souplesse sur le côté droit et la mâchoire du monstre claqua dans le vide. Sans reprendre son souffle, la guerrière fondit sur le fauve et chercha à transpercer son encolure de la pointe de son épée. Le vargár esquiva l’attaque d’un bond sur le côté, puis revint aussitôt à la charge. À côté d’eux, Morzan cherchait une ouverture pour prendre part au combat, mais la cadence effrénée des assauts du vargár et de la guerrière le tenait à distance. Aucun des deux ennemis ne laissait de répit à son adversaire. » (Extrait du Chapitre 10)

 

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