Un livre qu'on quitte sans en avoir extrait quelque chose est un livre qu'on n'a pas lu. - Antoine Albalat

mardi 2 mai 2017

Le doute et l'écrivain


Ordinateur et bougie

Le pire ennemi de l'écrivain, c'est très certainement le doute. Cette petite voix insidieuse qui vous murmure à l'oreille que vous n'y arriverez jamais, que votre histoire n'est pas originale, que personne ne sera intéressé par votre roman...  Le doute, c'est comme le bourdonnement désagréable et persistant d'un insecte qui vous tourne autour. Vous avez beau secouer la tête pour chasser les idées négatives, le doute finit toujours par revenir vous taquiner.

      L'écrivain et ses différents ennemis

Pour mener à bien ses projets, l'écrivain doit affronter une horde d'ennemis. Si vous êtes comme moi, accaparés par une vie bien remplie et pas toujours compatible avec l'écriture, vous savez très certainement que l'écrivain doit s'armer de patience et composer avec les aléas du quotidien. S'il veut pouvoir concrétiser ses projets, l'écrivain doit réussir à dépasser le manque de temps (ou le manque de disponibilité mentale – c'est-à-dire ne pas avoir l'esprit à l'écriture – ce qui est pire encore que le manque de temps, à mon avis). Il faut essayer de s'aménager des créneaux horaires dédiés à l'écriture, et essayer de s'y tenir. Parfois, plus que le manque de temps, c'est la flemme ou la procrastination qui a raison de l'écrivain. Il faut alors se faire violence, quitte à demander de l'aide à un ami.

Mais, vous est-il déjà arrivé de ne pas réussir à écrire, alors même que les conditions optimales étaient réunies ? Vous aviez du temps, de la disponibilité, vous aviez un projet sous la plume, vous étiez encouragé.e par vos amis ou votre entourage, vous étiez motivée et vous aviez envie d'écrire... mais, bizarrement, vous n'avez pas réussi à aligner plus de quelques mots. Tout un tas de raisons peuvent sans doute l'expliquer. Mais peut-être avez-vous simplement commencé à douter de vous ou de votre histoire ?

      Le doute, le pire ennemi de l'écrivain ?

Le doute peut être bénéfique, car il nous pousse à nous remettre en cause. Il nous invite à rester vigilant. À ne pas être trop confiants, trop sûr de nous-mêmes. Parfois, on se met à douter pour de bonnes raisons - qui n'a jamais douter de l'utilité d'une scène, de la cohérence d'un évènement ou d'un personnage, et à raison ? Parfois, le doute nous aide à améliorer les choses bancales de notre histoire. Il nous permet d'identifier les problèmes et de les dépasser.

Mais parfois, le doute n'a pas lieu d'être. Nous l'éprouvons quand même, nous nous remettons en cause sans raison, et nous tendons vers un perfectionnisme qui finit par nous paralyser. Les personnes sensibles, qui manquent de confiance en elles et/ou qui aiment le travail plus que bien fait, finissent par ne voir que le verre à moitié plein. Alors que les conditions sont idéales pour l'écriture, elles s'enferment dans une réflexion négative à propos de leur travail et n'écrivent pas.

À tort, nous laissons notre manque de confiance prendre le dessus. En ce sens, il n'y a pas pire pour l'avancement d'un projet que l'écrivain qui ne croit pas en ses capacités. S'il ne croit pas en lui, qui prendra la plume à sa place ? Personne.

      Pour quelles raisons l'écrivain doute-t-il ? Comment y remédier ?

On peut douter de plein de choses, quand on écrit ! J'ai l'impression que beaucoup d'écrivains doutent de l'originalité de leur histoire – et par extension de l'intérêt de leur histoire. Certains baissent les bras parce qu'ils pensent que leur projet n'intéressera personne, que tout a déjà été dit et que leur contribution est vaine. Ce n'est pas vrai ! Chaque histoire vaut la peine d'être racontée, ne serait-ce que parce que vous la raconterez avec vos propres mots, votre propre manière. Il peut être intéressant de rejoindre des communautés d'écrivains pour partager ses doutes, pour être rassuré, et pour voir qu'on est pas tout seul à avoir ces interrogations-là (et je recommande bien évidemment Cocyclics pour ceux qui écrivent dans le registre de l'imaginaire - qui m'a beaucoup aidé (et m'aide encore) à surmonter mes doutes d'auteure débutante). 

Le doute peut aussi frapper le style de l'écrivain, la façon dont il écrit. L'écrivain doute alors de sa capacité à raconter quelque chose. Ou alors, l'écrivain peut se mettre à douter de la cohérence de son histoire, de la profondeur de ses personnages... Dans ce cas de figure, il peut être intéressant de se confronter à l'avis d'autres personnes, d'autres auteurs - pour être rassurés... ou pour prendre le problème à bras-le-corps (Qu'est-ce que la bêta-lecture ?). 

Les origines du doute sont nombreuses. On devine principalement un manque d'assurance, de confiance en soi, une volonté de trop bien faire, une peur de l'échec ou un manque de reconnaissance. C'est donc du côté de la personnalité de l'écrivain qu'il faut creuser. Il est probable que l'écriture ne soit pas la seule activité à être affectée par le doute. Les livres de développement personnel (qui apprennent à gérer les émotions, à mieux se connaître, à valoriser les qualités et talents de la personne, etc.) peuvent être une piste. Personnellement, la lecture de L'art de se gâcher la vie de Marie Andersen m'a beaucoup appris en début d'année, quand je n'arrivais pas à lâcher prise (pour l'écriture, mais aussi dans mon quotidien en général). On m'a aussi beaucoup recommandé Comme par magie, d’Elizabeth Gilbert (avis disponible sur La Nife en l'air ou La plume d'Aemarielle).


         En tous les cas, pour ne pas rester paralysé par les doutes, c'est un travail à faire sur soi. Il faut essayer de comprendre les raisons de nos doutes, pourquoi on s'y enferme et pourquoi il est parfois plus "confortable" d'y rester que de se retrousser les manches. Il faut apprendre à se faire un peu plus confiance, à se dévaloriser un peu moins, à relativiser et à écouter ceux qui manifestent de l'intérêt pour nos travaux. Ce n'est pas simple... mais qui a dit que l'écriture était simple ? :)     


Au plaisir de vous lire,
Adèle Weiss - Des mots de tête

4 commentaires:

  1. Le doute… Oh oui, c'est un adversaire redoutable, comme le perfectionnisme et la procrastination. Je crois qu'en fait c'est un package complet ligué contre l'auteur ! ^^

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    1. Combo terrible ! :p
      On pourrait même penser que le perfectionnisme créé le doute, le doute entraîne la procrastination. Tout est un peu lié, au fond !

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  2. c'est un article bien écrit, personnellement non moi je n'ai pas été assailli par le doute, il peut être bien de douter, de se remettre en question dans la relecture pour corriger etc mais il n'est jamais bon de douter avant de se mettre à écrire sinon on finit bloquer et on connait le syndrome de la page blanche et de la perfection, il faut prendre confiance en soi, commencer à écrire même si on peut trouver ça moins bien plus tard pour ensuite corriger mais si on ne s'y met pas, on ne va jamais écrire et rester bloquer! Personnellement je n'ai jamais connu le syndrome de la page blanche car je ne me pose pas vraiment de question, je commence une phrase puis j'enchaine et je peux me rendre compte que j'ai écrit une page ou 2 puis ensuite je me relis puis je continue etc et heureusement je ne suis pas très perfectionniste sinon je resterai bloquée.

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  3. Et moi je suis du genre à utiliser l'écriture automatique, si certains ne connaissent pas, j'ai vu une vidéo sur ça: https://www.youtube.com/watch?v=bHzRbkzhpw4&t=2s
    C'est écrire sans se poser de question, sans beaucoup trop réfléchir, écrire ce qui nous passe par la tête et je fais ça quand j'écris une histoire, surtout nouvelle, je ne me pose pas de questions, j'écris puis hop je finis et ensuite je me relis puis corrige si besoin il y a, puis je laisse comme ça, j'ai déjà écrit une nouvelle sur une amie écrite en 20-25min sur 2 pages, la veille pour le lendemain car je lui ai remis ma nouvelle que j'avais fini le lendemain.
    J'ai déjà utilisé l'automatisme pour le dessin aussi surtout quand je ne savais pas quoi dessiner, j'ai laissé ma main sans contrôler bouger comme elle veut, laisser mon subconscient parler puis je faisais des courbes avec ma main sans contrôler puis j'ai vu se dessiner comme une coupe de cheveux et ensuite j'ai dessiné un visage etc j'aimais bien dessiner comme ça aussi partir d'une forme, de courbe que je dessinais sans contrôle pour ensuite créer à partir de ça.
    Et avant d'écrire, j'ai d'abord une idée d'histoire, je note toutes mes idées d'histoire et j'ai une imagination débordante, plein d'idées d'histoires qui me viennent à l'esprit, puis je trie, si j'arrive à étoffer une idée à savoir le début, le milieu et la fin avant d'écrire, alors je sais que je veux l'écrire puis comme ça pas vraiment de blocage car je connais à l'avance ce qui va se passer dans ma tête avec un film de scènes qui va se passer puis ensuite je me lance dans l'écriture mais je peux improviser dans l'histoire aussi où je peux rajouter des scènes etc, j'improvise des phrases etc et j'adore ça, ça c'est ma méthode pour écrire ^^ mais je ne suis pas du genre à écrire en faisant un plan hyper détaillé car mon plan est dans ma tête et je suis du genre à écrire en freestyle de façon automatique et en improvisant ^^

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