« La lecture nous donne un endroit où aller lorsque nous devons rester où nous sommes » – Mason Cooley
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mercredi 15 novembre 2017

Ambient mixer : atmosphères sonores pour l'écriture



Certains auteurs ont besoin du silence pour écrire, quand d'autres préfèrent l'écriture en musique. Entre les deux, il y a ceux qui aiment les ambiances sonores, les bruits blancs ou les musiques aidant à la concentration. Si je fais partie de la première catégorie d'écrivains, j'aime de plus en plus écrire avec une atmosphère sonore dans les oreilles : le bruit de la pluie, le ronronnement d'un chat ou le crépitement d'une cheminée.

Aujourd'hui, j'ai donc envie de vous parler du site Ambient-mixer. Cette plateforme permet d'écouter gratuitement un vaste choix d'ambiances sonores, créées et partagées par les membres de la communauté. Ces ambiances sonores sont thématisées, et vous pouvez ainsi choisir l'atmosphère de votre choix parmi une large sélection - notamment, des ambiances inspirées d’œuvres littéraires et cinématographiques cultes (Harry Potter, Game of Thrones, Le Seigneur des Anneaux, etc.) Une application mobile est par ailleurs disponible.
Mais le vrai atout d'Ambient-mixer, c'est de permettre de personnaliser les atmosphères disponibles à l'écoute et/ou de créer sa propre ambiance sonore ! Chaque ambiance est composée de différents sons (1 à 8 sons) que vous pouvez personnaliser à loisir : choisir les sons qui composeront votre ambiance sonore ; augmenter ou diminuer le volume de chaque son ; choisir le rythme de la répétition (en continu ou plusieurs fois par plage horaire) ; mettre un fondu entre chaque boucle sonore ; etc. 

Voici comment se présentent les ambiances sonores d'Ambient-mixer et leurs paramètres (cliquez pour agrandir)

Vous pouvez donc partir des atmosphères pré-existantes, en choisissant votre style préféré (environnement et nature ; cinéma et jeux vidéos ; atmosphères relaxantes ; activités humaines ; etc.) Pas besoin d'être inscrit sur le site pour personnaliser les playlists. Par contre, si vous créez votre compte, vous aurez la possibilité de créer votre propre bande-son qui sera ensuite publiée sur le site. Vous pouvez aussi importer vos propres sons pour constituer une bande-son !

Le seul petit bémol, c'est que le site est en anglais (les noms des sons aussi). Ce n'est pas toujours simples de s'y retrouver parmi le large choix des sons disponibles pour la composition d'une atmosphère. 

Pour terminer cet article, voici quelques ambiances sonores que j'aime tout particulièrement : 

Et une petite dernière pour la route : Écrire au coin de la cheminée. Une ambiance créée par mes soins : le bruit de la pluie contre la fenêtre, le crépitement d'un feu de bois, le ronronnement d'un chat et le tic-tac d'une vielle horloge vous accompagnent lors d'une session d'écriture... Bonne écoute ! ;)

vendredi 6 janvier 2017

Comment le Bullet Journal m'aide au quotidien


Bullet Journal et écriture

La nouvelle année est l'occasion de prendre de bonnes résolutions, mais également de prendre un nouveau départ. Maintenant que ma thèse est officiellement terminée, j'ai pris la décision de m'accorder du temps. À la fois pour me recentrer sur mes envies, mes besoins, mais également pour me consacrer à mes différents projets d'écriture. Et pour bien commencer cette nouvelle année placée sous le signe des projets personnels et de l'écriture, j'ai démarré un nouveau « Bullet Journal » ; dans cet article, je vous propose de vous faire découvrir comment je me sers de cet outil et comment je l'utiliserai pour planifier mes projets.

     1.  Le Bullet Journal, c'est quoi ?


Le « Bullet Journal » est un outil imaginé par un designer américain, Ryder Carroll. Il s'agit d'un système d'organisation flexible et personnalisable, à mi-chemin entre l'agenda, le carnet de notes et le journal intime. La méthode proposée par Ryder Carroll est très simple et ne nécessite que deux choses : un carnet et un stylo. Elle repose ensuite sur des listes de tâches, journalières, hebdomadaires, mensuelles, annuelles ; et sur un système de rubriques et de puces permettant de visualiser les tâches réalisées, abandonnées ou reportées. Un index au début du carnet permet de retrouver facilement les différentes rubriques de votre BuJo.

Je ne vais pas vous présenter la méthode en détails ; d'une part, parce qu'il existe des dizaines et des dizaines de sites consacrés au Bullet Journal (voir par exemple le site officiel (en anglais) ; le blog Soho Hana (en français) ou le site Journaling (en français)). D'autre part, mon utilisation du Bullet Journal s'éloigne assez du concept de base. En effet, même si la méthode m'a beaucoup inspirée quand je l'ai découverte, je ne me suis jamais retrouvée dans l'utilisation de l'index, des rubriques ou des puces. J'ai donc bricolé mon propre Bullet Journal, fidèle à la philosophie du totalement personnalisable propre à la méthode de base. 

     2. Le Bullet Journal : entre agenda, planner et journal intime


Depuis le début de mes études, j'ai toujours été adepte des « to do list » journalières et hebdomadaires pour m'aider à planifier mes révisions, mes travaux à rendre, mes tâches quotidiennes, etc. Écrire les tâches à réaliser permet à notre cerveau d'en être débarrassé ; cela permet de ne pas encombrer notre esprit avec des pensées superflues. Ce principe s'applique également aux émotions et aux sentiments - certains psychiatres conseillent d'écrire ce que l'on ressent (notamment en période de dépression et/ou d'anxiété) pour évacuer les idées obsessionnelles qui peuvent alimenter le stress, la dépression et qui peuvent perturber le sommeil. Ils insistent d'ailleurs sur la nécessité d'écrire à la main, ce qui permet au cerveau de mieux enregistrer le processus (par rapport à l'écriture à l'ordinateur). J'ai fait l'expérience du « journal intime » en grande période de fatigue émotionnelle : j'écrivais sur un cahier tout ce que je ressentais, tout ce qui m'angoissait terriblement, tout ce qui pesait sur mon moral. Cette méthode m'a convaincue. De même, une amie m'avait conseillé d'écrire chaque soir une « liste du bonheur » composée de trois faits positifs s'étant produit dans la journée. Là aussi, cette façon de positiver m'a beaucoup apporté.

Le Bullet Journal permet de regrouper toutes ces choses dans un seul et même carnet. Au lieu de se disperser entre les post-it, les fichiers excel, les différents carnets, on centralise tout dans un seul et même cahier. Toutefois, libre à chacun de s'organiser comme il l'entend : certains utilisent le BuJo uniquement pour son aspect « gestion de l'emploi du temps » ; quand d'autres l'utiliseront davantage pour son aspect « prise de notes ».

     3. Mon Bullet Journal et moi


Mon BuJo me sert de « carnet fourre-tout » ; dans lequel je centralise tous les documents qui me permettent de mieux m'organiser au quotidien. Je suis d'une nature assez désorganisée (si vous pouviez voir dans quel état se trouve mon dossier informatique contenant les chapitres de Prophétie Nordique, vous comprendriez ma douleur...) Le fait d'utiliser un seul outil pour centraliser mes documents m'aide à ne pas m'éparpiller, mais surtout, à retrouver facilement mes papiers.

J'utilise un carnet A4 de la marque « BonCahier » - oui, tant qu'à faire, je laisse libre cours à ma passion pour la jolie papeterie ! À l'inverse des adeptes du traditionnel BuJo, je structure mon planner avec des feuilles imprimées. Cela me demande un investissement important au début (parce que j'aime bien bricoler pour obtenir des trucs un peu créatifs) mais lorsque les rubriques sont prêtes, il ne me reste qu'à les imprimer. Cela ne me prend que quelques secondes. Me connaissant, si je devais tracer à la main à chaque fois que j'ai besoin d'une nouvelle page, j'abandonnerai par paresse...
     

Carnet BonCahier
Mon carnet de la collection BonCahier

Mon Bullet Journal se compose de plusieurs rubriques :

  • En première page, j'inscris mes objectifs de l'année ; ce sont les bonnes résolutions que je souhaite tenir et les projets importants que je souhaite accomplir durant l'année. Je divise mes objectifs en plusieurs catégories : professionnel, personnel, écriture, loisirs. Cette première page s'accompagne d'un avancement annuel, pour noter les étapes de ma progression. 

Objectifs annuels Bullet Journal
Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir ;)

  • Ensuite, chaque mois démarre par un calendrier et une liste d'objectifs mensuels. Sur le calendrier, je note les évènements importants (rendez-vous, anniversaire, travaux à rendre) avec un code couleur associé à chaque domaine : bleu pour les loisirs ; vert pour le travail ; rose pour la famille ; orange pour les mémos. Sur la page des objectifs, je liste les choses importantes à faire durant le mois, divisées en plusieurs catégories comme pour les objectifs annuels. 


  • Quand cela s'avère utile, je complète avec un planning hebdomadaire, comprenant une « to do list » hebdomadaire (pour les tâches que je dois faire durant la semaine) et une « to do list » pour chaque jour de la semaine (pour les tâches au jour le jour). Il m'arrive souvent de compléter tout ça avec une  « to do list » quotidienne supplémentaire, dans un petit carnet à part, quand la semaine est vraiment chargée. Chaque tâche accomplie voit sa puce coloriée. Cela permet de repérer facilement ce que je n'ai pas fait.


  • Le Bullet Journal me sert également à la tenue de mes comptes bancaires, afin d'évaluer mes dépenses. Il me sert également pour suivre mes remboursements de santé.
  • Mon BuJo comprend également beaucoup de « listes » inclassables : liste de souhaits ; liste des derniers films vus ; liste d'anniversaires ; liste de vacances ; prises de notes diverses ; etc. La dernière « liste » que j'ai testée, c'est la liste d'apaisement. Confrontée à une situation très angoissante (ma soutenance de thèse), j'avais besoin de quelque chose pour me rassurer. L'objectif de la liste d'apaisement était de lister toutes les sources d'angoisse liée à ma soutenance. Et pour chaque source d'angoisse, je devais réfléchir calmement à des solutions ou à des sources d'apaisement. Par exemple, j'avais noté comme première source d'angoisse « J'ai peur d'être déstabilisée par les questions du jury et de ne pas savoir y répondre » ; juste en dessous, j'ai listé plusieurs points : « je vais préparer les questions avec mon directeur » ; « je vais m'entraîner à répondre durant une soutenance de répétition » ; « je suis la personne qui connaît le mieux mon sujet de thèse » ; « il existe plusieurs stratégies de réponses que je peux mobiliser pour ne pas me laisser déstabiliser » ; etc. Cela m'a vraiment beaucoup aidée. J'ai même réécrit plusieurs fois une source d'angoisse pour bien enfoncer le clou quand je recommençais à stresser. 



     4. Le Bullet Journal et l'écriture


Cette année, je compte bien profiter des avantages du BuJo pour m'organiser efficacement sur le plan de l'écriture. Je suis encore en train de réfléchir à la manière dont je vais me servir de mon planner pour mes projets, mais j'ai déjà quelques petites idées. Comme l'année dernière, je compte participer aux « challenges Premier Jet » du forum Cocyclics avec mon projet Sous les écailles du dragon ; le challenge étant de terminer la rédaction d'un premier jet de roman en une année. Je vais me servir de mon Bullet Journal pour évaluer l'avancement de mon projet ; je l'avais déjà fait pour Prophétie Nordique cette année. C'est intéressant, en fin d'année, de regarder comment le projet s'est construit.



Je pense aussi utiliser mon Bullet Journal pour centraliser mes différents projets. J'utilise plusieurs carnets pour noter les idées de roman ou de nouvelles qui me viennent au fur et à mesure. Ce sera sans doute utile de tout centraliser au même endroit, notamment pour mieux visualiser mes projets et m'attaquer aux différentes nouvelles auxquelles j'ai réfléchi.

Si vous utilisez un Bullet Journal pour organiser vos projets d'écriture, je serais ravie de savoir comment. Je suis preneuse de vos conseils !

jeudi 11 février 2016

Rituels d'écriture

Carnet stylo nature

Si vous écrivez, vous avez sûrement déjà entendu - au moins une fois - le conseil de Stephen King : pour être un bon écrivain, il faut écrire beaucoup et lire beaucoup. Tous les jours, en fait. Déprimant de se dire qu'on ne sera jamais un (bon) écrivain si on écrit pas tous les jours, non ? Beaucoup d'auteurs connus - et moins connus - ont des routines d'écriture, des moments privilégiés pour se plonger dans leurs histoires, des plages horaires consacrées à l'exercice. Oui, l'écriture est un exercice, mais ce n'est pas parce qu'on ne peut pas écrire tous les jours qu'on doit baisser les bras pour autant. Dans cet article, je préfère parler de « rituels d'écriture » plutôt que de routine d'écriture.

Pour le moment, je n'ai aucune routine d'écriture, mais j'ai quelques rituels... Musique, relaxation, environnement de travail, boisson chaude ou gourmandises... quelles sont mes habitudes et petites manies quand il s'agit d'écrire ?


    1. Où et quand ? L'importance de l'environnement de travail 


Je n'ai pas vraiment de moments dédiés à l'écriture. J'écris quand j'en ai la possibilité ou quand l'inspiration est beaucoup trop forte pour être contenue. Souvent, c'est le samedi ou dimanche matin. Parfois, c'est une petite heure le soir. En ce qui concerne l'endroit, c'est uniquement dans mon bureau, sur mon ordinateur et seule dans la pièce. Impossible d'écrire autrement. Portable coupé et pas de musique : un rien me déconcentre. Sur l'ordinateur, j'écris avec Wordpad (ou Word, ça dépend des périodes) ; Antidote est toujours à portée de souris et Mozilla, quant à lui, il reste ouvert sur le dictionnaire des synonymes.  

Mais il n'y a pas que l'ordinateur dans ma vie d'écrivain : j'ai déjà confessé ma passion pour la jolie papeterie et les carnets ; et c'est en général très pratique pour noter ses idées. Cela étant, c'est mon vieux bloc d'esquisse tout moche - type Zap book - qui me suit partout. J'y inscris tout ce qui me passe par la tête ; et je l'utilise parfois pour écrire directement le déroulement d'une scène ou d'un dialogue. Cela m'aide à aller à l'essentiel (surtout la nuit, dans mon lit, quand l'inspiration m'empêche de dormir tant que je n'ai pas noté ce qui me trotte dans la tête...)   


    2. La musique, entre inspiration et éparpillement


Pour beaucoup d'auteurs, la musique est un outil indispensable au processus de création. C'est également le cas pour moi, mais uniquement en amont. La musique m'inspire énormément et certaines scènes ont été inventées à partir de mélodies qui ont éveillé quelque chose au fond de moi. Par exemple, les compositions de Trevor Morris pour la série les Tudors m'ont particulièrement marquée, et certaines de ces musiques m'ont inspirée plusieurs scènes de Prophétie Nordique. Behold the great King of England m'a ainsi permis de visualiser très concrètement une scène chargée d'émotions, où l'héroïne, par l'intermédiaire de son meilleur ami, apprend la mort de sa mère. À l'époque, je me repassais en boucle cette musique et les images de la scène défilaient dans mon esprit comme si je regardais un film. Par contre, je ne l'ai pas écoutée au moment de coucher les mots sur le papier... La musique me dissipe, me déconcentre ; je n'en écoute donc pas au moment d'écrire.

Jusqu'à récemment, je pensais que seules les musiques instrumentales pouvaient m'inspirer, mais je me suis aperçu que certaines chansons à paroles (françaises de surcroît) pouvaient elles-aussi me glisser des idées à l'oreille...  


    3. La boisson chaude, une alliée précieuse


L'écriture, comme la lecture, c'est un moment de plaisir ! Et quoi de mieux qu'une boisson chaude pour agrémenter ce moment ? Si je me laisse parfois tenter par un café au lait, c'est en général un thé ou une infusion qui s'invite à ma séance d'écriture. Parfois même, c'est uniquement pour l'odeur qui s'en dégage ; je bois à peine une gorgée ou deux. Trop concentrée dans ce que je veux écrire, j'oublie ma boisson... qui n'est alors plus chaude du tout quand je m'en rends compte.

J'ai récemment découvert la Thé Box ; un colis surprise reçu chaque mois, contenant une sélection de thés et d'infusions, avec en bonus des accessoires et des gourmandises. Et j'en suis complètement folle ! C'est un régal pour les sens : l'odeur qui s'en dégage quand on déballe le colis ; le visuel soigné de chaque édition ; le goût des thés sélectionnés selon un thème précis, mais aussi des gourmandises - gâteau, friandises, confitures, etc. ; le toucher à la découverte des surprises ; l'ouïe quand frémit l'eau de la première infusion... Pour les amateurs de thé et de colis surprise, je ne peux que la conseiller ! 

 
Thé Box DécembreThé Box infusion
À gauche, la Thé Box de Noël - aux saveurs d'épices, d'agrumes et de caramel.
À droite, la Thé Box de la Saint Valentin - aux saveurs de fleurs, de rose, de fruits rouges et de pomme.


    4. Les huiles essentielles, détente et concentration


Depuis quelques années, j'essaye de réduire mon stress et mon anxiété grâce à la relaxation - sophrologie, musique apaisante, coloriage anti-stress - et depuis le début de l'année, j'expérimente l'aromathérapie. Selon le site passeportsante.net, l'aromathérapie se définit comme « l’utilisation des huiles essentielles dans un but préventif, curatif ou de mieux-être. Elle a une visée thérapeutique lorsqu’elle a pour objectif de traiter un symptôme précis, qu’il soit d’ordre physique ou psycho-émotionnel, mais elle peut également permettre d’accéder à la sérénité et à la détente. »  Quel rapport avec l'écriture, vous demandez-vous ? Certaines huiles essentielles aident à la concentration, stimulent la créativité, chassent les idées sombres ou permettent de lutter contre la fatigue passagère. Il m'arrive de plus en plus souvent de diffuser des huiles essentielles dans mon bureau avant de me mettre à l'écriture (quelques minutes seulement, et à petite dose !) J'utilise la bergamote pour la détente, parfois associée à l'orange douce et à la cannelle ; et la lavande et la menthe poivrée pour lutter contre les coups de pompe. 


    5. Avant l'écriture, la relecture !


Avant de me lancer dans l'écriture, j'ai besoin de relire ce que j'ai écrit la dernière fois. En général, je relis mes précédente scènes la veille au soir, juste avant de me coucher, sur ma liseuse. Je note quelques idées pour la suite, réfléchis aux corrections que je peux apporter aux passages déjà rédigés, etc. Relire me permet de bien me remettre dans l'histoire (comme je ne peux pas écrire régulièrement, c'est indispensable) Le faire avant de me coucher stimule mon imagination - d'où la présence constante de mon vieux carnet sur ma table de chevet. On est jamais à l'abri d'une idée qui germe...


* * *

Voici mes principaux rituels d'écriture. Quels sont les vôtres ? :)
 

jeudi 12 novembre 2015

La Bêta-lecture, qu'est-ce c'est ?


Image Libre de droits - trouvée sur Pixabay.com

J'ai découvert l'exercice de la bêta-lecture l'année dernière, alors que je traversais une mauvaise période au niveau de l'écriture - suite à de mauvaises critiques et une perte de confiance totale en ma capacité à raconter une histoire. C'est dans ce contexte de malaise, de remise en cause et de perfectionnisme contreproductif que j'ai échoué sur le forum de bêta-lecture CoCyclics ; un forum dédié aux littératures de l'imaginaire. Si l'objectif principal de la communauté est celui de la bêta-lecture, d'autres sections consacrées à l'écriture m'ont permis de me remettre sereinement à la rédaction de Prophétie Nordique - notamment celle des Challenges Premier Jet consistant à « terminer la rédaction du premier jet d’un roman (entamé ou non) dans l’année. » Mais c'est bien de la bêta-lecture que je vais parler dans ce billet.


          1.   Qu'est-ce que la bêta-lecture ? 

Emprunté au vocabulaire de l'informatique, le préfixe bêta renvoie à une version test ou à une version non aboutie d'un texte. L'exercice consiste à faire lire son texte ou son roman, en vue d'obtenir un éclairage critique sur le fond et la forme. Recevoir un avis construit et argumenté sur les lacunes, mais aussi les points forts, de son texte. Sur la forme, il s'agit de repérer les tics d'écriture, les fautes de grammaire-orthographe-syntaxe, les erreurs de vocabulaire, les répétitions, etc. Sur le fond, le bêta-lecteur relèvera plutôt les incohérences logiques, temporelles ou géographiques, les incohérences scénaristiques, les problèmes de caractérisation d'un personnage, les incompréhensions ou confusions, etc.   


          2.   L'intérêt de la bêta-lecture

La bêta-lecture est un exercice aussi complexe qu'indispensable.

Complexe, parce qu'il n'est absolument pas évident d'encaisser les critiques à propos de son travail - il est donc important de trouver un endroit et/ou des personnes de confiance. S'il n'est pas évident d'accepter un regard extérieur et analytique sur son travail, il est également compliqué de critiquer le travail d'une tierce personne. C'est une entreprise délicate que de faire comprendre les faiblesses d'un texte, sans heurter la personne en face. La bienveillance, l'empathie, le respect et la diplomatie sont des qualités absolument essentielles pour un bêta-lecteur. L'écoute, la patience, la non-susceptibilité, l'acceptation des critiques et la volonté de s'améliorer (et non celle de se faire flatter l'ego) sont, quant à elles, nécessaires pour être bêta-lu.

Indispensable, parce que l'auteur n'a pas le recul nécessaire sur ses récits pour savoir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Ce qu'il a écrit lui paraît évident ; mais ça ne l'est pas forcément pour le lecteur. Comment savoir si le message à faire passer est effectivement compris, sans le confronter à la lecture par un tiers ? Certains tics d'écriture ne peuvent pas être décelés si personne ne vous en informe.


          3.   Ce que la bêta-lecture m'a apporté

« Tu sembles avoir des scrupules à utiliser les prénoms de tes personnages. » Jusqu'à présent, je n'avais jamais imaginé que ce tic d'écriture puisse poser problème. J'avais plus ou moins conscience de cette manie que j'avais de préférer des référents aux prénoms de mes personnages : la jeune femme, l'Amazone, la reine, etc. Lorsque ma bêta-lectrice a évoqué le mot scrupules, j'ai eu l'impression qu'elle m'ôtait le voile que j'avais devant les yeux. Elle a mis des mots sur ce dont j'avais à moitié conscience, mais elle m'a aussi et surtout expliqué pour quelles raisons cela s'avérait problématique dans l'extrait que j'avais proposé à la bêta-lecture. À chaque fois que j'écris, désormais, je repense à ce qu'elle m'a dit ce jour-là. Et je fais attention à la façon de nommer mes personnages.

Quand j'ai repéré ce même tic d'écriture dans un texte que j'ai bêta-lu, j'ai encore mieux compris pourquoi on l'avait pointé chez moi. J'ai compris comment cette manie induisait en erreur et créait une certaine confusion. 


L'avantage de la bêta-lecture, c'est qu'on apprend autant 
en faisant lire ses textes qu'en lisant ceux des autres.  

Pour aller plus loin :

          4.   La bêta-lecture du moment...

La bêta-lecture s'applique à toutes sortes de format : le chapitre (ou extrait) de roman, la nouvelle, la pièce de théâtre, le synopsis, le pitch, etc. Et bien sûr, la bêta-lecture s'applique aussi à des romans dans leur intégralité. C'est ce que j'expérimente en ce moment, avec la bêta-lecture de deux romans de copines grenouilles (un à la fois, je ne suis pas Wonder Woman non plus ;p) 
C'est à la fois stimulant et gratifiant - pouvoir lire en avant-première un roman, participer à son processus d'élaboration/amélioration, soutenir d'autres auteurs dans leur travail (surtout quand on s'est découvert des affinités !)... C'est beaucoup de travail, mais c'est une expérience très enrichissante !