« La lecture nous donne un endroit où aller lorsque nous devons rester où nous sommes » – Mason Cooley

mardi 11 juin 2019

Le Dieu Oiseau d'Aurélie Wellenstein

Titre : Le Dieu Oiseau
Auteur : Aurélie Wellenstein
Genre : Dark Fantasy
Public visé : Jeunes adultes
Année de parution : 2018
Nombre de pages : 336 pages
Édition : Scrinéo



Trois fleurs : Une lecture en demi-teinte

Ma note 3 sur 5



Quatrième de Couverture



Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l'île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du " banquet " : une journée d'orgie où les vainqueurs peuvent réduire en esclavage, tuer, violer, et même dévorer leurs adversaires. Il y a dix ans, Faolan, fils du chef de clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Enfin, la nouvelle compétition est sur le point de commencer. L'occasion pour Faolan de prendre sa revanche. Sa vengeance aura-t-elle le goût du sang ?


Ce que j'en ai pensé | Critique sans spoilers



Après l'excellent Mers Mortes, je n'avais qu'une seule envie : lire le précédent roman de l'autrice, que je n'avais pas encore eu l'occasion de feuilleter. Contrairement aux autres romans d'Aurélie Wellenstein, j'avais assez peu d'attentes sur Le Dieu Oiseau, car je n'avais pas vraiment pris le temps de me renseigner sur l'histoire (ne me demandez pas pourquoi, je le fais systématiquement pour ses romans d'habitude et je ne sais pas pourquoi j'ai fait l'impasse sur celui-là) Je savais uniquement que Le Dieu Oiseau était présenté comme son roman le plus violent et le plus sombre. Je partais donc avec une relative neutralité pour cette lecture.

Malgré tout, j'ai globalement été déçue. Si vous suivez mes chroniques, vous savez que c'est une première ! C'est d'ailleurs pour cette raison que je n'ai pas rédigé mon avis tout de suite, préférant lire un autre roman pour me laisser le temps de digérer.

J'adore tous les romans d'Aurélie Wellenstein, même ceux qui ne correspondent pas à mon genre de prédilection, comme ses romans jeunesse que j'ai pourtant adorés. On retrouve dans Le Dieu Oiseau les ingrédients qui font le succès de ses romans, à savoir un univers glaçant et original, des personnages tourmentés et surtout une plume ciselée, addictive, qui sert un rythme et une narration implacables.

Pour autant, ces ingrédients n'ont pas suffi à me convaincre cette fois-ci. L'univers est incroyablement sombre, noir et violent, et je confirme qu'il est de loin le plus glauque et le plus répugnant des romans de l'autrice. Je salue encore une fois son imagination prolifique et sa virtuosité créatrice pour mettre en scène de tels univers. Mais, malheureusement, je trouve que l'histoire racontée n'est pas à la hauteur de la dureté de cet univers. Le ton et la narration typiques du Young Adult m'ont beaucoup surprise, et j'ai ressenti un profond et déplaisant décalage entre l'univers, l'histoire et les péripéties du héros, Faolan. Je ne m'attendais pas du tout à ce genre d'intrigue et j'avoue que j'ai été un peu désappointée. L'histoire est vraiment classique dans son genre, à mi chemin entre Hunger Games et Battle Royale, et je n'ai pas été particulièrement séduite. 

Peut-être est-ce lié au genre YA justement, mais j'ai trouvé que Faolan surmontait un peu trop facilement les différents obstacles et épreuves qui se dressaient sur sa route. J'ai plusieurs fois été sortie de ma lecture car je trouvais que c'était un « peu gros », comme on dit. Les prouesses du héros m'ont vraiment paru en décalage avec son état physique (même si je veux bien admettre que l'énergie du désespoir peut faire faire des choses impossibles). L'immersion a été gâchée plus d'une fois.

J'ai beaucoup aimé les questions mystiques et religieuses soulevées par l'autrice, ainsi que leur mise en scène dans tous les différents arcs du roman. Le personnage de Torok est délicieusement abject, j'ai adoré le détester. Faolan me plaisait dans la première partie du roman, mais j'ai fini par ne plus ressentir d'empathie pour lui au fur et à mesure que l'histoire progressait. Je n'ai pas été très réceptive à sa personnalité et j'ai finalement assez peu ressenti d'émotions pour lui. Pour autant, ses traumatismes sont décrits à merveille par Aurélie. Quant aux personnages secondaires, ils sont pratiquement inexistants et se cantonnent globalement à des rôles prédéfinis plutôt qu'à de vrais personnages. Malgré tout, j'ai quand même bien aimé le personnage d'Izel.

La fin m'a surprise à plus d'un titre, et pas nécessairement en bien. Comme toujours avec les romans d'Aurélie, les happy ending n'ont pas leur place ! Toutefois, si la conclusion de l'aventure de Faolan me paraît assez judicieuse et bien trouvée, j'aurais aimé qu'elle soit plus développée. Peu d'éléments en amont nous laisse imaginer ce retournement de situation. La fin m'a vraiment paru précipitée. En outre, un autre élément m'a beaucoup chagrinée mais il va être difficile d'en parler sans spoiler, alors je vous invite à descendre jusqu'au paragraphe Mon avis en résumé si vous n'avez pas encore lu ce roman et si vous souhaitez garder le suspens.


Ce que j'en ai pensé | Attention, spoilers !



Alors que j'avais adoré les éléments mystiques mis en place dans touts le roman, les derniers chapitres viennent complètement les renverser. Sans nous avoir vraiment laissé d'indices pour l'imaginer (ou à peine quelques vagues éléments), l'autrice prend le parti de questionner la réalité des évènements mystiques vécus par Faolan. J'ai trouvé ce choix narratif très décevant. « Tout se passait dans sa tête » est vraiment un cliché qui m'horripile en SFFF (à moins que ce soit amené progressivement, ce qui n'est pas le cas ici) Peut-être ai-je mal interprété les derniers chapitres et peut-être la question de Faolan a-t-il tout inventé ? n'est-elle pas résolue comme je l'ai cru, mais toujours est-il que cette thématique tombe comme un cheveu sur la soupe à la toute fin du roman.


Mon avis en résumé



En conclusion, cette chronique est sans doute sévère, et j'en suis vraiment désolée, mais je crois qu'elle retranscrit bien ma déception. Ayant adoré tous les romans d'Aurélie Wellenstein sans exception, même ceux qui étaient supposés moins me plaire comme Cheveux de Foudre ou La fille de Tchernobyl, je ne m'attendais pas à être si mitigée au sortir de ma lecture. Si le roman possède des qualités indéniables, des qualités qu'on retrouve systématiquement dans les romans de cette autrice, Le Dieu Oiseau possède aussi des faiblesses inhérentes au Young Adult. Ces faiblesses du genre se trouvent exacerbées par le décalage qu'elles produisent avec l'univers fascinant, glauque et violent qui aurait mérité une approche plus adulte et une histoire plus mature. En outre, la fin précipitée et l'usage d'un cliché usé jusqu'à la moelle auront définitivement eu raison de mes doutes : Le Dieu Oiseau est assurément le roman que j'ai le moins aimé chez cette autrice. Vraiment dommage.

samedi 18 mai 2019

Forestelle, tome 2, Preciosie, d'Aline Maurice

Titre : Forestelle, tome 2, Preciosie
Auteur : Aline Maurice
Genre : Fantasy
Public visé : Adolescents et Jeunes Adultes
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 528 pages
Maison d'édition : Au Loup Éditions



Cinq fleurs : Je suis conquise
Coup de cœur


Note 5 sur 5



Quatrième de Couverture



Deux ans après son départ de Forestelle, Coline ne sait pas si elle sera un jour en mesure d’y revenir. Mais, lorsqu’elle reçoit une invitation de la part des plus hautes sphères du pouvoir de ce monde parallèle, sa mère finit par accepter de lui rendre le Mantel dont elle a besoin pour retourner là-bas. Accompagnée d’Esteban, elle retrouve un monde qui n’est pas aussi accueillant que dans son souvenir. Des fanatiques hostiles aux Terriens seraient à l’origine de la disparition de la Liante de Preciosie, cité aussi froide que les pierres précieuses qu’elle produit. Très vite, ils comprendront que dans l’ombre se trament de bien sinistres complots.


Avant de partager mon avis de lecture



Si vous suivez mes publications, vous vous souvenez peut-être de ma chronique consacrée au premier roman d'Aline Maurice, Forestelle, La Cité Verte, que j'avais reçu en service presse l'année dernière. Le deuxième tome de cette trilogie m'a de nouveau été proposé par l'autrice en échange d'une chronique et je tiens à le remercier chaleureusement pour cette nouvelle collaboration ! Je remercie également sa maison d'édition pour avoir rendu cela possible !

Sachez que cette chronique ne contiendra pas de spoilers sur le tome 2, mais qu'il est possible que des éléments propres au tome 1 soient mentionnés. Même si je vais faire mon possible pour en disséminer le moins possible... ;-)


Ce que j'ai pensé de « Forestelle, tome 2 » | Critique sans spoilers



Si le premier tome de la trilogie Forestelle m'avait déjà bien plu, ce deuxième tome est encore meilleur à mes yeux.

Comme dans le premier roman, nous découvrons l'histoire grâce aux points de vue de quatre personnages différents. Nous retrouvons trois des quatre narrateurs du tome précédent, à savoir Coline, Esteban et Isarn. Karenn, mon personnage préféré, n'est pas de la partie cette fois-ci et son point de vue est remplacé par celui de Jehanne, un personnage brièvement aperçu dans le premier tome. L'alternance des personnages est, comme dans le premier tome, un choix narratif très intéressant puisqu'il dynamise véritablement l'ensemble du roman. Les personnages sont toujours aussi attachants et intéressants à suivre, et ce deuxième tome leur apporte davantage de nuances et de profondeur. Encore une fois, la part belle est laissée aux personnages secondaires, qui donnent de la consistance à l'ensemble.

Preciosie bénéficie des mêmes points positifs que son prédécesseur, La Cité Verte, sans toutefois souffrir des défauts que j'avais pu relever dans ma première chronique. L'univers de Forestelle est toujours aussi enchanteur et magique, avec une vraie richesse dans sa construction, sa faune et sa flore. Comme Coline, j'étais impatiente de pouvoir me promener à nouveau dans l'immense sylve, parmi les arbrals, et je n'ai pas été déçue. En outre, ce deuxième tome apporte un éclairage bienvenu sur l'organisation des Enchanteresses, sur leur rôle dans la société et sur leurs pouvoirs magiques. J'ai vraiment beaucoup apprécié ce que j'ai découvert sur ces magiciennes, grâce au point de vue de Jehanne qui est le personnage que j'ai le plus apprécié dans ce tome 2. Coline m'a aussi beaucoup touchée, elle a grandi et se montre sous un autre jour.

Le rythme de Preciosie est mieux maîtrisé que celui de La Cité Verte et on est clairement embarqué dans l'aventure dès le premier chapitre. L'histoire s'assombrit nettement par rapport au précédent volet et apporte son lot non négligeable d'enjeux dramatiques, tout en restant dans la ligne éditoriale des romans pour adolescents. En ce sens, mon seul regret viendrait du caractère un brin caricatural du couple régnant sur la cité de Preciosie. Même s'ils sont fort bien dépeints dans leur rôle de vilains et qu'on passe très vite outre cette caractérisation qui s'adapte assez bien, finalement, au lectorat visé par le roman. 

Les derniers chapitres procurent de nombreuses révélations et ouvrent la porte au troisième tome, faisant de Preciosie un roman bien moins fermé que ne l'était le premier roman, dont l'histoire était plus indépendante. Ayant énormément apprécié les enjeux posés par ce deuxième tome, et notamment par ses derniers chapitres, j'attends la suite avec encore plus d'impatience !


Mon avis en résumé



Preciosie est un vrai coup de coeur ! J'ai passé un excellent moment de lecture avec ce deuxième tome de la trilogie Forestelle. L'histoire et les personnages du roman sont vraiment soignés, et l'univers de ce monde magique est toujours aussi bien retranscrit par l'autrice. Les quelques défauts du premier tome sont largement gommés grâce à l'approfondissement des personnages et au développement d'une intrigue principale plus sombre. Ce tome 2 gagne donc en maturité, comme ses personnages, plus nuancés et encore plus attachants. Les évènements dépeints dans les derniers chapitres laissent imaginer un troisième tome plus épique ! Vivement la suite !

mardi 19 mars 2019

Mers mortes d'Aurélie Wellenstein

Titre : Mers Mortes
Auteur : Aurélie Wellenstein
Genre : Fantastique, Post-Apocalyptique
Public visé : Adultes et jeunes adultes
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 368 pages
Édition : Scrinéo



Quatre fleurs et demi : : J'ai beaucoup aimé

Note 4,5 sur 5



Quatrième de Couverture


Mers et océans ont disparu. L'eau s'est évaporée, tous les animaux marins sont morts. Des marées fantômes déferlent sur le monde et charrient des spectres avides de vengeance. Requins, dauphins, baleines..., arrachent l'âme des hommes et la dévorent. Seuls les exorcistes, protecteurs de l'humanité, peuvent les détruire. Oural est l'un d'eux. Il est vénéré par les habitants de son bastion qu'il protège depuis la catastrophe. Jusqu'au jour où Bengale, un capitaine pirate tourmenté, le capture à bord de son vaisseau fantôme. Commence alors un voyage forcé à travers les mers mortes… De marée en marée, Oural apprend malgré lui à connaître son geôlier et l’objectif de ce dangereux périple. Et si Bengale était finalement la clé de leur salut à tous ?


Avant de partager mon avis de lecture


J'ai eu l'immense plaisir de recevoir le dernier roman d'Aurélie Wellenstein en échange d'une chronique, grâce à une opération Masse Critique privilégiée sur le site Babelio.com Inutile de vous dire que j'ai bondi de joie en découvrant cette invitation ! Vous savez tous comme j'adore les romans de cette autrice : Le Roi des Fauves, Les loups chantants ou La mort du temps pour ne citer que ceux-là !


Ce que j'ai pensé de « Mers Mortes » | Critique sans spoilers


Lundi 18 mars 2019, une baleine s'échoue et meurt aux Philippines, l'estomac rempli de 40 kilos de plastiques. Difficile pour Mers Mortes d'Aurélie Wellenstein d'être plus en phase avec cette triste et révoltante actualité...

Le dernier roman de l'autrice est un uppercut sacrément bien placé: il nous frappe de plein fouet et nous laisse K.O. à la fin de cette aventure. Comme d'habitude avec Aurélie Wellenstein, l'écriture est fluide, maîtrisée et addictive. Les mots sont maniés avec intelligence et sensibilité, sur un thème particulièrement fort. Car Mers Mortes est sans aucun doute le roman le plus engagé (pour l'instant) de l'autrice : elle y dénonce, avec beaucoup de talent, le désastre écologique qui tue les océans et leurs habitants. Elle utilise notre présent pour nous livrer un conte cruel et post-apocalyptique où des marées d'animaux fantômes viennent se venger de l'Humanité qui les a complètement anéantis. Elle se sert de la science-fiction et de l'imaginaire pour nous livrer un message écologique percutant.

Comme dans chacun de ses romans, j'ai été conquise par la puissance de son imagination et par l'originalité de son univers (mention spéciale à la description du vaisseau pirate, qui m'a littéralement fait cauchemardé - si, si, je vous jure que j'en ai rêvé la nuit suivante !). Le rythme ne connaît aucun temps mort, c'est encore une fois un vrai page-turner. Si le personnage principal, Oural, m'a moins touchée que la plupart de ses précédents héros (Callista, Yuri ou Lana, l'adolescente de La fille de Tchernobyl) j'ai été particulièrement séduite par le personnage de Bengale. Ce personnage, salopard anti-héros aux motivations complexes, est si ambivalent qu'on ne sait pas si on doit le détester ou l'adorer. Comme tous ceux qui traversent son sillage, le Capitaine du Naglfar a réussi à me fasciner et à me rallier à sa cause. C'est probablement le personnage d'Aurélie que j'ai préféré jusqu'à présent, tout roman confondu.

Je noterai également que j'ai eu du mal à retenir quelques larmes sur la fin du roman. Comme d'habitude, l'autrice n'épargne personne : ni ses personnages, ni ses lecteurs. Les scènes écrites du point de vue des animaux marins tués et torturés par les Humains m'ont complètement retournée. La scène du requin attrapé et taillé en pièces m'a terriblement secouée.

Malgré toutes les qualités que je viens de pointer, Mers Mortes n'est pas le roman d'Aurélie que je préfère. Il s'agit vraiment d'un avis personnel et subjectif, puisque je n'arrive même pas à mettre des mots sur ce que j'ai moins apprécié. Objectivement, ce roman est une pépite, aussi bon que tous les précédents. J'ai juste été un peu moins embarquée, peut-être à cause du héros que j'appréciais un peu moins que d'habitude. Ou peut-être parce que j'ai trouvé que la quête de l'équipage arrivait un poil trop tard. Mais tout est relatif, car comme toujours avec les ouvrages de cette autrice, il ne m'a pas fallu plus de trois jours pour terminer ma lecture (alors qu'il me faut normalement des semaines pour terminer un roman) Bref, à lire sans modération !


Mon avis en résumé


En conclusion, ce nouveau roman d'Aurélie Wellenstein est un ouvrage engagé, traitant d'un sujet d'actualité extrêmement important. L'autrice traite son sujet avec l'intelligence et la finesse qu'on lui connaît. Mers Mortes est un roman coup de poing qui cumule tous les points forts des autres romans de l'autrice : une plume ciselée, une rythme addictif, des personnages tourmentés, et surtout, un imaginaire fascinant et foisonnant. À lire !

vendredi 22 février 2019

Quelques brèves nouvelles



J'avais laissé entendre sur ma page Facebook que je préparais un bilan de l'année 2018 et que je le partagerais très vite... C'était sans compter sur un début d'année 2019 plutôt sportif. Que ce soit du côté professionnel comme du côté personnel, le quotidien ne m'a pas laissé beaucoup de temps, ni d'énergie.

Pourquoi j'ai disparu de la circulation... 


En réalité, pour plusieurs raisons. La première, c'est que je n'ai pas eu beaucoup de disponibilité depuis novembre. Après mon doctorat, j'ai pris une année sabbatique pour récupérer et pour essayer de me recentrer sur ce que j'avais envie de faire. Après cette pause qui n'a pas été aussi récupératrice que je l'avais espérée, j'ai cherché un emploi en accord avec mes qualifications, mais sans succès. Lorsque mes droits au chômage ont été épuisés, la situation s'est complexifiée d'un cran. Ne trouvant toujours pas d'emploi, et après un entretien qui n'a pas débouché alors que la recruteuse m'avait envoyé tous les signaux pour que je croie être prise pour le poste visé, je me suis lancée bille en tête dans la création d'une auto-entreprise.

Mais une auto-entreprise en quoi, me direz-vous ? Et quel rapport avec un blog consacré à l'écriture ? Pour tout vous dire, après de nombreux échanges avec mon amie Marie qui avait créé sa propre entreprise quelques mois plus tôt (que je vous invite à découvrir via sa page facebook), je me suis lancée dans la Rédaction web. Finalement, comme vous le voyez, l'écriture n'est jamais vraiment loin...  La rédaction web consiste à créer du contenu textuel optimisé pour le web, que ce soit pour des sites, des blogs ou les réseaux sociaux. Globalement, il s'agit d'écrire des textes qui répondent au besoin d'information des internautes et à la nécessité de référencement sur les moteurs de recherche grâce aux techniques SEO.

Pour l'instant, cette activité me plaît beaucoup et j'aimerais voir jusqu'où je peux aller. Pour l'instant, c'est quelque chose de nouveau, avec son lot de frustrations liées à un mode de travail précarisé sur des plateformes de rédaction, mais j'aimerais beaucoup expérimenter autrement par la suite. En parallèle de la rédaction web, j'ai trouvé un travail temporaire en tant qu'ingénieure de recherche, à l'université où j'ai fait mon doctorat. J'ai commencé en janvier, ce qui explique également que je n'ai pas eu assez de temps ou d'énergie pour me consacrer à mon blog.

Une écriture en dents de scie... 


Ces nouvelles activités professionnelles ne sont toutefois pas les seules explications. J'ai relativement peu de choses à raconter depuis quelque temps. En effet, même si je continue d'écrire dans mon activité de rédactrice web, il n'en va pas de même pour le côté loisir. Cela fait plus d'un an que je n'ai pas touché à mes projets de fiction. J'ai bien réussi à écrire quelques textes pour le jeu de rôle, mais ce n'est pas non plus très glorieux depuis quelques semaines (en grande partie à cause de mon travail, pour le coup).

Je ne sais pas vraiment comment expliquer cet épisode de page blanche qui s'éternise. J'ai comme perdu l'inspiration et la motivation, mais également l'envie d'écrire. J'aimerais la retrouver, car cela commence à faire long, et en même temps c'est comme si mon processus créatif s'était éteint. Je ne ressens plus le besoin ou l'envie de raconter quelque chose. C'est comme si les personnages qui m'habitaient avant avaient perdu leurs voix et leur ténacité. Les conditions n'ont pas été propices dernièrement, peut-être que ça reviendra doucement avec une situation professionnelle plus stable... Ce qui est curieux, c'est qu'une partie de moi-même est résignée et accepte d'avoir perdu cette vieille amie qu'est l'écriture. Cette partie de moi-même est nostalgique, mais l'écriture ne lui manque pas vraiment. Au sens où l'écriture ne trouve plus sa place dans son quotidien. Mais une autre partie de moi-même voudrait réellement renouer avec l'écriture, car elle fait partie de moi et j'ai du mal à me définir sans elle. C'est compliqué, cette introspection, vous ne trouvez pas ? Si vous avez déjà vécu un moment similaire et/ou si vous avez des idées pour faire rejaillir l'étincelle entre ma vieille amie et moi... je suis tout ouïe.

Tout ça pour dire que, dernièrement, je n'avais rien à dire sur l'écriture. Il me reste toujours les chroniques de lecture, mais avec le temps qui me fait défaut, je lis beaucoup moins. Les chroniques seront donc un peu espacées. Mais je ne désespère pas de retrouver un équilibre très bientôt, quand j'aurais apprivoisé mes nouvelles obligations :)

dimanche 23 décembre 2018

Le chant des ronces de Leigh Bardugo

Titre : Le chant des ronces
Auteur : Leigh Bardugo
Genre : Fantasy
Public visé : Adolescents
Année de parution : 2018
Nombre de pages : 352
Édition : Milan Éditions



Quatre fleurs et demi : Je suis conquise

Note 4,5 sur 5



Quatrième de Couverture


Embarquez dans un voyage vers des terres sombres et dangereuses, peuplées de villes hantées et de bois affamés, de monstres bavards et de golems en pain d'épices, où la voix d'une sirène peut invoquer une tempête mortelle, où les rivières font de terribles promesses d'amour... Lire le résumé de chaque conte.


Avant de partager mon avis de lecture


Je ne connaissais Leigh Bardugo qu'à travers le nom de ses autres romans et je n'ai donc pas fait le rapprochement quand j'ai découvert ce petit bijou en librairie. Tout de suite, le superbe format du livre a accroché mon regard. Il m'a intriguée et séduite. Quand j'ai vu que le Chant des ronces était proposé durant l'opération Masse Critique du site Babelio, j'ai candidaté avec enthousiasme. Et j'ai été sélectionnée (#DansedelaJoie) : les éditions Milan m'ont offert ce livre en l'échange d'une chronique. Un grand merci à eux. C'est donc le premier livre de Leigh Bardugo que je lisais. Je ne connaissais pas du tout son univers de base, mais ça n'a absolument pas gêné ma lecture.


Ce que j'ai pensé du « Chant des Ronces » | Critique sans spoilers


Le Chant des Ronces est un ouvrage magnifique. Je ne peux commencer ma critique autrement, car les histoires de Leigh Bardugo sont livrées dans le plus bel écrin qui soit. Le livre possède une couverture rigide, magnifiquement illustrée, avec un titre au nom évocateur et à la calligraphie soignée.

Heureusement que je ne m'étais pas attardée à le feuilleter trop longuement en librairie ! La magie des illustrations qui s'esquissent à mesure que les pages se tournent et que l'histoire avance n'aurait pas aussi bien opéré ! Je n'avais jamais vu rien de tel jusque-là et cette idée est vraiment chouette ! Elle est, en outre, superbement réalisée dans le chant des ronces. Des petits dessins viennent former un encadrement autour de chaque histoire et chaque conte se conclut par une illustration complète sur deux pages. C'est magnifique !

Pour ne rien gâcher, les contes qui nous sont racontés sont à la hauteur de leur superbe écrin. Six historiettes nous sont livrées, sous la forme de contes grinçants et cyniques, reprenant les codes des vieux contes traditionnels pour mieux s'en émanciper. Leigh Bardugo nous raconte des histoires tantôt tendres, tantôt cruelles, mais toujours soupçonnées de vieille magie. J'ai adoré Ayama et le bois aux épines, ainsi que le Renard trop rusé. Ces deux nouvelles possèdent une ambiance de vieux conte parfaitement retranscrite, mais sont transposées avec un oeil critique et sévère qui donne un ton cynique et pragmatique à l'ensemble. J'ai aussi beaucoup apprécié Petite Lame, dont le dénouement est savoureux. Je n'ai en revanche pas adhéré à la nouvelle Petit Soldat, qui s'est avéré être une réécriture (de Casse-noisette) moins réussie que les autres nouvelles du recueil. J'ai trouvé le tout moins maîtrisé et plus hasardeux, même si cela reste un texte de qualité qui soulève des thématiques très intéressantes.


Mon avis en résumé


En conclusion, je suis conquise par le Chant des ronces de Leigh Bardugo. Ce somptueux ouvrage n'est pas seulement beau, il renferme également de savoureux contes aux morales aiguisées comme des épines de rose. Comme le dit si joliment la quatrième de couverture, « si l'amour s'exprime avec des fleurs, la vérité exige des épines. »

mercredi 17 octobre 2018

Warner Bros. Studio Tour - The Making of Harry Potter



Mon conjoint et moi, nous faisons partie de cette génération de lecteurs et d'adolescents qui ont grandi avec Harry Potter - avec les livres surtout, mais aussi avec les films et les jeux vidéos dérivés. Comme je l'expliquais récemment à une amie qui n'a pas lu cette saga, quand le livre est sorti, j'avais plus ou moins le même âge que Harry, Ron et Hermione. Et pour chaque nouveau tome, les personnages principaux grandissaient plus ou moins en même temps que moi. C'est une œuvre qui m'a accompagnée de mon adolescence jusqu'au début de l'âge adulte. Quelque part, je peux dire que Harry Potter et moi, nous avons donc traversé les années ensemble et grandi en même temps. 

L'attachement que je porte à cette saga et à ces personnages, j'ai la chance de le partager avec mon conjoint. Après s'être refait l'intégrale des huit films, j'ai eu l'idée d'offrir un voyage à Londres à ma moitié, afin d'aller visiter les studios de la franchise. Nous y sommes allés le week-end dernier, et j'ai envie de partager mon expérience avec vous. 


Localisation du studio et Transports


Les studios Warner Bros ne sont pas implantés à Londres, mais à 30 km au Nord-Ouest, à Leavesden. Pour nous y rendre, il nous a d'abord fallu prendre l'Eurostar Lille-Londres, puis le train national jusqu'à Watford Junction, et enfin, prendre une navette jusqu'aux studios. Je dois dire que c'est l'aspect le moins agréable de notre visite, car il a fallu bien s'organiser pour le transport et surtout pour les horaires. Il existe une navette qui fait directement Londres-Leavesden, mais le tarif était plus cher et l'organisation du temps moins souple (avec une durée fixe pour la visite). Malgré tout, tout est très bien indiqué partout, et c'est plutôt simple si on s'est bien renseigné avant la visite. 



Arrivée sur place


Lorsqu'on arrive à l'entrée du studio, il faut faire la queue pour retirer ses billets préalablement commandés sur internet. Je crois qu'il existe un moyen pour recevoir ses billets chez soi, mais étant donné que j'avais opté pour un « billet cadeau » sans date, et qu'il m'avait fallu réserver par téléphone, je devais les retirer sur place.

Une fois les billets récupérés, on peut entrer dans le bâtiment, mais il faut faire à nouveau la queue pour être fouillé et pour faire vérifier les sacs. Ce n'est qu'ensuite qu'on peut arriver dans une sorte de hall, avec la boutique (prévoyez un porte-monnaie bien rempli, car c'est cher, mais surtout extrêmement tentant !), les restaurants et les toilettes. C'est également dans ce hall que vous pourrez retirer votre audio-guide et/ou déposer vos affaires au vestiaire. 

J'avais choisi de prendre l'audio-guide et je ne le regrette pas. Vous êtes en territoire anglophone et si vous voulez des informations en français, c'est dans l'audio-guide que vous les trouverez... nulle part ailleurs. Si vous voulez des anecdotes sympa et des explications détaillées sur les décors, et si vous ne parlez pas anglais (ou si vous êtes accompagnés par des enfants) je vous conseille l'audio-guide. Une fois le guide récupéré, vous pouvez... faire à nouveau la queue :) Heureusement, l'attente n'est pas vraiment longue, mais ça faisait beaucoup de queues à faire quand même...

La visite des coulisses


Après une introduction réalisée par un guide du studio, ainsi que la projection d'un petit film avec les acteurs principaux, la visite débute réellement. Autant vous dire que je me suis retrouvée propulsée à Poudlard, avec des étoiles plein les yeux. J'y étais vraiment - littéralement - puisque la visite commence dans la grande salle de l'école (avec ses longues tables, ses immenses cheminées et colonnades, son estrade de professeurs) On est tout de suite plongé dans le bain, l'effet est saisissant. 



Après un discours du guide (tout en anglais, malheureusement, et pas traduit par l'audio-guide), la visite devient autonome et on peut se balader dans le parc à notre guise. On découvre alors de nombreux décors, costumes et accessoires ayant été utilisés pendant le tournage des films, ainsi que de nombreuses anecdotes intéressantes !

Saviez-vous, par exemple, qu'il y a un portrait de la jeune professeur McGonagall accroché dans la salle commune de Gryffondor ? Qu'il a fallu plus de 3.000 baguettes pour l'ensemble du tournage ? Ou bien que les livres du bureau de Dumbledore sont en réalité des annuaires téléphoniques ?




Au cours de la visite, il est possible de découvrir une multitude de décors, accessoires, costumes, perruques, objets divers - et ce sont les vrais éléments utilisés pendant les tournages, pas des reconstitutions ! Au fur et à mesure de la visite, certains secret du tournage sont révélés (comme par exemple, ce qui relève des effets spéciaux ou ce qui a été vraiment produit - et c'est parfois étonnant) Nous avons ainsi pu découvrir :

  • la salle commune de Gryffondor ;
  • le bureau de Dumbledore ;
  • la cuisine du Terrier ;
  • la salle des potions et bureau de Rogue ;
  • une partie du ministère de la magie ;
  • la hutte de Hagrid ;
  • la voiture volante de Mr. Weasley ;
  • la porte de la chambre des Secrets et bien d'autres éléments de décor ;
  • le Poudlard express ;
  • le chemin de Traverse ;
  • des milliers d'accessoires (baguettes, vif d'or, retourneur de temps ; livres de magie ; horcruxes...)  
  • des centaines de costumes et perruques ;
  • des dizaines de modèles, statues et des dizaines de portraits, tableaux ; 
  • une reconstitution impressionnante du château ;
  • et plein d'autres choses encore.





De nombreuses petites animations sont également disponibles au cours de la visite - les mangemorts ont voulu en découdre avec moi... deux fois ! Il y a aussi des spots pour prendre des photos ou des vidéos, et c'était très chouette. Comme nous y sommes allés un samedi, j'avais très peur que ce soit plein à craquer ; mais le système de tour horaire doit être bien rodé. Même s'il y avait du monde, j'ai pu voir tout ce que je voulais, prendre toutes les photos que je souhaitais, y compris aux endroits les plus sollicités (devant le chariot mangé par la voie 9 3/4, par exemple) C'est un point vraiment très positif, car nous avons pu profiter pleinement de la visite sans être dérangé ou frustré. 

Par contre, il faut prévoir large pour le temps de visite. Nous avions prévu 3 heures 30 entre notre arrivée et notre départ et nous avons dû nous dépêcher sur la fin du parcours (on perd facilement 30 minutes pour faire la queue et 30 minutes pour faire la boutique). Et nous n'avons pas pu profiter du café où ils servent la fameuse Bièraubeurre... snif :( 

Conclusion


C'est un parc vraiment très intéressant à visiter. Les studios proposent une expérience riche de contenus, qui vaut vraiment le déplacement. Si vous aimez les films Harry Potter, vous aimerez visiter les studios. Et si vous êtes fans comme moi, vos yeux vont briller de mille feux !



mercredi 26 septembre 2018

Pourquoi j'aime l'automne



En vérité, je n'aime pas vraiment cette saison. Elle est souvent pénible pour mon moral et ma créativité. Et je mène rarement les projets que j'entame en cette période de l'année. C'est peut-être aussi parce que dans ma région, l'automne est synonyme de grisaille, de vent et de pluie, de froid et de manque de lumière... Pourquoi faire un sujet sur l'automne alors ? Eh bien, c'est justement parce que je n'aime pas cette période et parce qu'elle est compliquée pour mon moral qu'il est important de dresser la liste des choses que j'aime malgré tout ! 

D'après les théories et ouvrages sur le développement personnel, qu'on peut trouver un peu partout sur le web, il est important de conserver un esprit positif et de cultiver l'optimisme. Ce serait en ressassant les choses négatives qu'on génère un mauvais état d'esprit ; alors qu'en forçant notre cerveau à voir les bonnes choses, on finirait par se sentir moins anxieux et de moins mauvaise humeur. Après tout, ce n'est pas en ruminant et en se focalisant sur les tracas du quotidien que notre cerveau peut libérer de la place pour autre chose. Si on se répète constamment que ça ne va pas, comment pourrait-on finir par aller bien ? Notre cerveau finit par imprimer cette morosité de manière systématique. 


Mon conjoint, qui connait ma tendance à me replier sur moi-même dès que l'automne et la grisaille pointent le bout de leur nez, me disait en regardant le temps maussade : je sais que ce temps te déprime, mais pense à toutes ces choses que tu aimes bien faire quand il recommence à faire froid. Comme sortir ton plaid pour lire dans le fauteuil avec une tasse de thé. En fait, il n'a pas tort du tout – euphémisme pour dire qu'il a entièrement raison. Ce n'est pas parce que je n'aime pas l'automne, ni l'hiver, qu'il n'y a pas des choses que j'aime, et que je suis contente de pouvoir retrouver au sortir de l'été. Voici une liste non exhaustive de mes petits plaisirs d'automne :


          Les couleurs chaudes, jaunes et orangées, dont se pare la nature

          Me blottir sous un plaid, avec une tasse de thé, un bon livre et un chat sur les genoux

          Cuisiner et manger des soupes (tout particulièrement le velouté de potiron)

          Faire du cocooning le week-end devant un film, une série ou un jeu vidéo

          Pouvoir ressortir ma collection d'écharpes, pantoufles et grosses chaussettes

          Avoir bien chaud sous la couette

          Sortir faire une promenade quand il fait beau soleil, après plusieurs jours de pluie

          Cuisiner des pâtisseries moelleuses et réconfortantes (comme des gâteaux à la pomme)

          Penser aux fêtes de fin d'année, aux décorations du sapin et aux cartes de vœux en scrapbooking

          Aller aux Halliennales, salon littéraire dédié à l'imaginaire et organisé tout près de chez moi

          Prendre une boisson chaude quand on vient de l'extérieur

          La fraîcheur qui rougit les joues quand on fait une promenade

        ☼  Écouter la pluie tomber en étant emmitouflée dans un plaid

          Pouvoir cuisiner des plats consistants et mijotés

          Acheter un nouveau jeu Pokémon (les derniers opus ont tous été commercialisés en automne)





La saison automnale ne manque finalement pas de petits et grands plaisirs. C'est même tendance – n'avez-vous jamais entendu parler du Hygge, ce mode de vie danois qui privilégie les moments douillets, confortables et cocoonings pour survivre à l'hiver ? Quant aux activités, l'automne bouillonne d'idées et d'initiatives pour les lecteurs et auteurs : la reprise des séries et la rentrée littéraire (septembre), le mois de l'imaginaire (octobre), le Nanowrimo (novembre), ect. De quoi bien s'occuper ! Et vous, quels sont vos petits plaisirs d'automne ?

dimanche 2 septembre 2018

Forestelle, La Cité Verte, d'Aline Maurice

Titre : Forestelle, tome 1, La Cité Verte
Auteur : Aline Maurice
Genre : Fantasy
Public visé : Adolescents et Jeunes Adultes
Année de parution : 2018
Nombre de pages : 516 pages
Maison d'édition : Au Loup Éditions



Quatre fleurs : J'ai beaucoup aimé

Note 4 sur 5



Quatrième de Couverture


Forestelle… Un monde mystérieux où les habitants vivent dans des arbres immenses et où rôdent de dangereuses créatures. La jeune Coline s’y retrouve brutalement projetée, seule en pleine nuit au cœur de la forêt, après avoir enfilé un étrange vêtement découvert dans le double-fond d’une malle.
Alors que Coline essaie de comprendre son rôle de « Liante », sa mère, Karenn, remue ciel et terre pour la retrouver. Déterminée à rechercher sa fille perdue, elle n’hésitera pas à mettre sa vie en danger lors d’un passage périlleux vers ces contrées inconnues.


Avant de partager mon avis de lecture


J'ai reçu le premier tome de Forestelle en « service presse » : c'est-à-dire que j'ai reçu le roman en échange d'une chronique. C'est la première fois que je suis sollicitée pour ce genre de service (si on excepte les Masses critiques de Babelio auxquelles je participe, et qui fonctionnent un peu de la même façon). Je remercie l'auteure, Aline Maurice, et sa maison d'édition, pour la confiance qu'ils m'ont accordée ! J'ai été ravie de cette première expérience. Il faut dire que je suis le projet d'Aline Maurice depuis quelques années déjà et que je suis très contente d'avoir enfin pu tenir le roman terminé entre mes mains.C'est parti pour la chronique !


Ce que j'ai pensé de « Forestelle, tome 1 » | Critique sans spoilers


Malgré une couverture splendide, réalisée par la talentueuse Tiphs, on pourrait être tenté de reposer ce roman à la lecture du quatrième de couverture, qui semble suggérer un énième récit initiatique où un(e) jeune adolescent(e) est projeté(e) dans un monde parallèle, où il/elle devra comprendre son rôle et trouver sa place dans ce nouveau monde magique. Ce serait manquer un agréable moment de lecture que de s'en tenir là et de ne pas poursuivre l'aventure Forestelle...

L'idée de base du premier roman d'Aline Maurice n'a rien d'original, je vous l'accorde. Une jeune adolescente prénommée Coline se retrouve, par erreur, propulsée dans un royaume fantastique et magique, Forestelle. L'originalité de ce premier roman vient, à mon sens, du fait que l'auteure donne la parole à une catégorie souvent oubliée par la fantasy des mondes parallèles : les parents ! Dans Forestelle, on ne suit pas seulement les aventures de Coline, mais également celles de Karenn, sa maman, qui est bien résolue à retrouver sa fille disparue. J'ai trouvé que ce point de vue apportait vraiment un énorme plus au roman d'Aline Maurice : je l'ai trouvé original et fort rafraîchissant. Vous l'aurez peut-être compris, mais mon personnage préféré n'est autre que Karenn.

En outre, nous avons affaire à un roman chorale, c'est-à-dire un roman qui est raconté de plusieurs points de vue. Nous suivons tour à tour plusieurs personnages : Coline, sa mère Karenn, un autre adolescent nommé Esteban, ainsi qu'un habitant de Forestelle prénommé Isarn (et dont le point de vue est très intéressant à suivre). À nouveau, j'ai trouvé que le fait de donner le point de vue de quatre personnages différents apportait un vrai plus à cette histoire : Aline Maurice réussit à dynamiser son récit grâce à cette diversité de points de vue. Alterner entre les différents protagonistes m'a beaucoup plu, d'autant plus que j'ai trouvé les quatre personnages attachants. Dans Forestelle, on trouve également une belle palette de personnages secondaires, bien construits et intéressants, que j'espère voir développés dans la suite.

Par ailleurs, il faut également souligner la créativité et la grande inventivité de l'auteure pour la création de son monde. Le royaume de Forestelle est enchanteur, magique et poétique, avec beaucoup de bonnes idées et bonnes trouvailles qui rendent ce monde parallèle tangible et vivant. J'ai adoré me promener à travers l'immense sylve (forêt) aux arbrals gigantesques, aux créatures dangereuses et aux plantes magiques. Aline Maurice a en effet su inventer une faune et une flore spécifiques pour son monde, ce qui accentue encore plus le dépaysement.

Les réserves que je peux avoir quant à ce premier tome viennent en grande partie des facilités que j'ai pu ressentir face à la résolution de certaines scènes - facilités qui me semblent davantage s'adresser à un public jeune. En particulier, je pense à la progression du personnage d'Isarn. Plutôt inattendue, elle m'a paru assez radicale, avec quelques facilités. Même si j'ai adoré la voix de ce personnage, j'ai eu parfois du mal à comprendre ses motivations. En outre, j'ai ressenti quelques petites lenteurs et répétitions à certains moments du roman. Toutefois, ces réserves m'ont semblé mineures par rapport aux bonnes choses trouvées dans ce roman, et par rapport au plaisir que j'ai pu prendre à le lire.


Mon avis en résumé


Un très bon moment de lecture. Aline Maurice signe un premier tome de qualité, avec une diversité de personnages bien construits, intéressants et attachants, qui se promènent dans un royaume magique plein de poésie. J'ai particulièrement apprécié le point de vue de Karenn, la mère de Coline, qui apporte une vraie originalité à ce roman. Quelques petites facilités scénaristiques et quelques moments répétitifs m'auront moins convaincue, sans pour autant gâcher l'ensemble de ma lecture. Je lirai la suite avec grand plaisir !

mercredi 1 août 2018

Bilan du premier semestre 2018





Je dois souffler un peu pour enlever la poussière qui s'est accumulée par ici... Sans que je m'en aperçoive, mon blog est entré dans une phase d'hibernation prolongée et ne se semble pas s'être réveillé à l'appel du printemps. Il faut dire que mon premier semestre a été ponctué de passages à vide, qui m'ont amenée à délaisser mes projets et la tenue régulière de billets. Malgré mes bonnes résolutions, je n'ai pas réussi à dépasser mon blocage vis-à-vis de l'écriture. Ou disons plutôt que mon déblocage n'a pas tout à fait pris la forme que j'espérais...

À la fin de l'année dernière, j'ai commencé à être découragée par mon projet du moment. Alors que j'étais très motivée pour écrire Les larmes de Caledë, je me suis laissée rapidement démotiver et décourager à force de ne pas me satisfaire de ce que j'écrivais. Comme d'habitude, j'ai envie de dire. Je me suis trop mise la pression, je doutais trop de mes capacités, je me suis laissée enfermer dans l'insatisfaction... il faut dire que le moral n'était pas au beau fixe, à ce moment-là de l'année. Tout ça a donné un sérieux syndrome de la page blanche, une démoralisation encore plus grande car je me sentais coupable de ne pas réussir à écrire, et... j'ai fini par donner un grand coup de pied dans le tas et j'ai tout laissé en plan.

Oui, j'ai décrété que j'abandonnais mes projets de romans et de nouvelles. Parce qu'au bout d'un moment, j'en avais marre. Tout simplement. Marre de culpabiliser pour quelque chose qui devait être un plaisir. Marre de me laisser miner le moral pour de mauvaises choses. Marre de ne pas lâcher le morceau alors qu'il était clair que j'étais dans une mauvaise phase avec l'écriture (depuis un long moment, d'ailleurs). 

J'ai donc mis de côté mes projets et j'ai laissé filer l'écriture pendant plusieurs mois. J'ai préféré consacrer mon temps à des activités qui me faisaient du bien et qui avaient l'avantage de nourrir mon inspiration et de me vider la tête. J'ai donc consacré l'essentiel de mon premier semestre à lire, jouer et regarder des séries et des films. Ci-dessous, un petit bilan non exhaustif de mes découvertes de l'imaginaire (avec une petite note pour vous donner une idée de mon appréciation). 

          Côté lectures SFFF
  • Running man, Stephen King (3/5) : une lecture mitigée, qui m'a laissée un goût de « trop tiré par les cheveux sur la fin »
  • Nuit noire, étoiles mortes, Stephen King (4,5/5) : une excellent recueil de quatre très longues nouvelles, d'une très belle qualité.
  • La Trilogie du Rempart Sud, Jeff Vandermeer (4/5) : une trilogie un peu inégale, mais un énorme coup de cœur pour le premier tome. J'en ferai prochainement la chronique.
  • La Passe-miroir, Tome 1, Christelle Dabos (4,5/5) : une belle découverte, avec des personnages inoubliables et un univers très riche et très original.
  • Le jardin des silences, Mélanie Fazi (4/5) : un recueil qui m'a permis de découvrir la belle plume de Mélanie Fazi. Toutes les nouvelles ne m'ont pas plu, mais j'ai dévoré le recueil et certaines nouvelles sont très percutantes (je pense tout particulièrement à Trois renards) Un recueil qui questionne aussi la notion de chute, pour les nouvelles, car aucune ne présente une chute inattendue comme on en attend (trop) souvent.
  • Lastman, Tomes 1 à 6 (BD) (4/5) : pour compléter la série animée, une lecture très divertissante une fois qu'on s'habitue aux graphismes très particuliers. 




          Côté cinéma SFFF
  • Blade Runner 2049 (4/5) - N'étant pas une fan de la première heure, cette suite m'a laissée une bonne impression. Un bon divertissement, bien fait.
  • Magic into the moonlight (4,5/5) - Une histoire d'amour fraîche, qui met de bonne humeur. 
  • The Cloverfield Lane (5/5) et The Cloverfield Paradox (4/5) - Ces deux films, dans un registre bien différent, donne un prolongement à l'univers développé dans le premier film Cloverfield. The Cloverfield Lane est un huis-clos extrêmement bien mené, où une jeune femme est retenue prisonnière par un homme dans un bunker, ce dernier affirmant que le monde a été ravagé par une attaque nucléaire. À l'inverse, The Cloverfield Paradox est un film de science-fiction (un peu space-opera), de type huis-clos également, où les résidents d'une station spatiale, après un incident, découvre que la Terra a disparu. Deux films que j'ai adorés.
  • La forme de l'eau (4/5) - Une histoire d'amour sur fond de fantastique vintage. J'en attendais plus, personnellement, même si le film était très doux.
  • Annihilation (coup de cœur qui m'a donné envie de me plonger dans les romans)  On suit une expédition de cinq scientifiques, dans une Zone X, une zone mystérieuse où des phénomènes étranges se propagent... Une curiosité cinématographique à conseiller à ceux qui adorent les films labyrinthiques qui ne fournissent pas d'explication.
  • Avengers Infinity (coup de cœur) - Pas grand chose à en dire, si ce n'est que j'ai adoré. Du grand divertissement, du grand spectacle comme je l'aime. 
  • Mary et la fleur de la sorcière (4/5)- Un Ghibli pas tout à fait Ghibli, avec une jeune héroïne pleine de fougue, de maladresse et de charme, qui découvre une société magique...




          Côté séries SFFF
  • L'intégrale de Game of Thrones (coup de cœur - c'est ma série préférée après tout)  
  • Black Mirror, saison 4 (2/5 : une saison terriblement décevante)
  • Altered Carbon (abandonnée)
  • Les saisons 2 de Jessica Jones (4,5/5) et Luke Cage (5/5)   
  • Perdus dans l'espace (5/5) : une jolie surprise pour une chouette série familiale.
  • Westworld, saison 2 (4/5)
  • The Terror (0,5/5) : rarement une série aura été aussi nulle. Exception pour la saison 2 de Wayward Pines
  • Sakura Card Captor - Clear Arc (3/5) 
  • Lastman (coup de cœur) : c'est assez rare pour être souligné, mais il s'agit d'une production française de très grande qualité, avec un format addictif (26 épisodes de 13 minutes), adaptée de la bande-dessinée du même nom (de moins bonne qualité à mon sens, tout en étant très bien faite quand même : mais la lire après avoir vu la série animée lui donne une autre dimension) Une narration punchy et dynamique, des personnages profonds et complexes, une très belle qualité d'image et d'animation, dans un univers très original mêlant tournoi de boxe, fantastique et médiéval-fantasy. Une excellente découverte.  
  • Actuellement, je regarde également la saison 2 de Handmaid's Tales (que j'apprécie moins que la première) et la troisième saison de Preacher (que j'apprécie moins que la deuxième, c'est plus long à se mettre en place)
     
     

    Côté Jeux Vidéo SFFF
  • Mass Effect Andromeda (4/5) malgré ses défauts, je ne comprends pas la déferlante de haine qu'il a suscité car j'ai passé un très bon moment !
  • Banner Saga (les deux premiers jeux, le troisième vient de sortir en anglais) - (5/5) Un RPG de type tactique dans un univers inspiré des sagas et légendes nordiques. C'est réalisé par un petit studio indépendant, et c'est vraiment un jeu très bien fait, avec de beaux personnages et une belle narration (dommage que la traduction ne suive pas) 
  • The Witcher 2 (3,5/5) malgré le bon temps que j'ai pu passer sur ce jeu, il a clairement de très très gros défauts (ambiance lourdingue, lubrique et grossière ; image de la femme hyper sexualisée tout le temps ; mauvais gameplay et mauvaise ergonomie) Heureusement, je viens de commencer le troisième opus, et tous ces défauts semblent corrigés ! 
  •  
     
Pour conclure ce billet, j'ajouterai simplement que je ré-apprivoise petit à petit l'écriture depuis un mois ou deux, grâce au jeu de rôle textuel par forum. J'ai retrouvé avec plaisir un de mes anciens personnages, créé sur un forum qui avait fermé, mais qui a temporairement rouvert. J'essaye de me guérir de cette manie de ne jamais être satisfaite, en redonnant un aspect plus ludique à l'écriture. J'espère que cela fonctionnera sur le long terme ! Je vous tiendrai au courant :) En attendant, je mettrai prochainement le blog à jour avec diverses chroniques de lecture !

vendredi 29 décembre 2017

Des mots de tête - Bilan de l'année 2017





L'année voit ses derniers jours se profiler à l'horizon. Il est de saison de regarder en arrière et de se projeter en avant, de faire un point sur les résolutions prises l'année dernière et de réfléchir à celles qu'on voudrait tenir pour la nouvelle année... Lorsque je lis les bonnes résolutions de l'année dernière, je me dis que le bilan est mitigé, mais pas aussi catastrophique qu'il pourrait l'être. L'année 2017 n'aura pas été aussi reposante et productive que je l'avais souhaitée. Si elle a plutôt bien commencé, j'ai vite été submergée par des ennuis de santé et des problèmes personnels qui ont considérablement influé sur mon écriture – comme en témoigne la faible quantité d'articles sur le blog. Comme vous pouvez l'imaginer, j'ai hâte d'en finir avec cette année, de tourner la page et de commencer un nouveau chapitre.    

     Bilan 2017 : du côté de l'écriture


  • Cette année a été plutôt mitigée, côté écriture. 
  • Après avoir essayé de commencer mon projet Sous les écailles du dragon, je me suis aperçu que cette histoire ne me branchait pas pour le moment. J'ai donc changé mon fusil d'épaule, et j'ai choisi de m'attaquer à un autre projet : Les larmes de Caledë. J'espérais profiter de cette année après-thèse pour terminer le premier jet d'un roman... j'ai été très optimiste en formulant ce souhait, car j'en suis à peine au premier chapitre. C'est donc un échec cuisant de ce côté là. 
  • J'avais également formulé la résolution d'écrire cinq nouvelles au cours de l'année et d'essayer d'en faire publier au moins une. Le pari est à peu près tenu : je n'ai écrit que deux nouvelles (dont une très grosse) mais j'ai réussi à faire publier l'une des deux. Il s'agit de « Passé à composer » publiée dans la revue Gandahar
  • Par contre, je n'ai toujours pas pris le temps de corriger ma nouvelle « Le temps nous est conté ».


     Bilan 2017 : à côté de l'écriture


  • Si l'année ne s'est pas avérée propice à l'écriture, elle a été beaucoup plus clémente du côté des lectures. J'ai lu vingt livres cette année, soit le double de ce que j'avais lu l'année dernière ! Beaucoup ont été chroniqués sur le blog. 
  • Pour la première fois, je suis allée aux Imaginales, un salon littéraire incontournable dédié aux lectures de l'imaginaire. C'est un lieu de rencontres et d'échanges vraiment très intéressant. J'ai rencontré ou revu des membres de Cocyclics, rencontré des auteurs que j'apprécie, découvert des nouveaux talents, assisté à deux tables-rondes... En octobre, je suis également retournée aux Halliennales, un salon devenu incontournable pour moi. 
  • J'ai terminé l'alpha-lecture commencée l'année dernière et j'ai fait quelques bêta-lectures en début d'année, mais j'ai vite renoncé à l'exercice. De même, je n'ai pas autant participé à Cocyclics que je l'aurais souhaité.
  • Je pensais en avoir terminé avec le jeu de rôle textuel, mais l'envie de m'y remettre s'est à nouveau manifestée en cette fin d'année.


     Les bonnes résolutions pour 2018


  • Dépasser mon blocage concernant l'écriture. Trouver un moyen d'être plus régulière, plus efficace et plus productive. 
  • Reprendre l'écriture des Larmes de Caledë
  • Écrire au moins deux nouvelles, essayer d'en publier une en répondant à des Appels à Textes. 
  • Reprendre ma nouvelle « Le temps nous est conté ».
  • Retrouver une bonne dynamique sur Cocyclics (challenge, bêta-lecture) 
  • Continuer à lire et essayer de rester au-dessus de 15 livres lus dans l'année
  • Trouver enfin une voie professionnelle où je puisse m'épanouir. Et améliorer ma qualité de vie.  
 
 
Je vous souhaite de très bonnes fêtes de fin d'année ! 
Qu'elles vous soient douces et reposantes ! 
Profitez des gens que vous aimez.